Parmi les multiples talents de Fabre : l’aquarelle. Le naturaliste a, en effet, peint 700 aquarelles de champignons, aussi précises que délicates


Un trésor restauré par la Bibliothèque Centrale du Muséum (Jardin des Plantes) à la suite de sa découverte, en 1955, dans les greniers de l’Harmas par son petit-fils. Ironie du sort, l’une des craintes de Fabre était que sa descendance ne s’en débarrasse après sa mort.

La Bibliothèque en conserve plus de 600 aujourd’hui. En 2015, et à l’occasion du centenaire de la mort de Fabre, l’Harmas exposera deux séries de 30 aquarelles de juin à octobre (voir ici).

"À Sérignan, mon étape finale, [les champignons] m'ont prodigué leurs séductions, tant ils abondent sur les collines voisines, boisées d'yeuses, d'arbousiers et de romarins. En ces dernières années, telle richesse m'a inspiré un projet insensé : celui de collectionner en effigies ce qu'il m'était impossible de conserver en nature dans un herbier. Je me suis mis à peindre, de grandeur naturelle, toutes les espèces de mon voisinage, des plus grosses aux moindres. L'art de l'aquarelle m'est inconnu. N'importe ; ce que je n'ai jamais pu pratiquer, je l'inventerai, m'y prenant d'abord mal, puis un peu mieux, puis bien. Le pinceau fera diversion au tracas de la prose quotidienne. Me voici [...] en possession de quelques centaines feuilles où sont représentés, avec la grandeur naturelle et leur coloris, les divers champignons des alentours. Ma collection a certaine valeur. S’il lui manque la tournure artistique, elle a du moins le mérite de l’exactitude […]."

Souvenirs entomologiques, 10ème série, Paris, Delagrave, 1925, p.320-321.